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Aliénor d’Aquitaine et ses filles

Forteresse_royale_Chinon_©Christophe_Raimbault

Aliénor nait vers 1124.

Mariée successivement à Louis VII, puis à Henri Plantagenêt, la duchesse a cinq filles issues de ces deux unions.

Ces princesses, soigneusement éduquées, sont unies aux héritiers de puissantes familles européennes offrant soutiens et alliances aux deux souverains. 


Les princesses capétiennes.

 

Marie nait en 1145. Suite à l’annulation du mariage de ses parents, en 1152, elle reste à la cour capétienne sous la tutelle de son père avec sa sœur Alix.

Mariée en 1164 à Henri, comte de Champagne, homme lettré et amateur d'arts, elle assure trois périodes de régence durant lesquelles elle voyage, tient sa cour et ses principales fonctions avec vigueur et capacité.

Vers 1170, Marie séjourne à la Cour de Poitiers aux côtés de sa mère; toutes deux font vivre les « Cours d’Amour », amusements littéraires.

Veuve en 1181, Marie s’adonne au mécénat, exerce un important patronage sur Chrétien de Troyes et soutient auteurs et poètes. Elle est la dédicataire de Lancelot, le chevalier à la Charrette.

En 1198, elle se retire du pouvoir et meurt à Meaux à 52 ans après vingt ans de régence. 

 

Alix voit le jour en 1150; de toutes, elle est celle qui a laissé le moins de traces documentaires. Sa naissance, en lieu et place d’un garçon tant espéré, sonne le glas du mariage entre ses parents.

Promise à Thibaud V, comte de Blois, lettrée, Alix développe rapidement un goût affirmé pour la poésie courtoise, à l’instar de son époux et favorise son développement en terre d’Oïl. La Cour de Blois, devient un important centre de rencontres entre troubadours et trouvères.

En 1176, Thibaud et Alix fondent le prieuré de Bouche d’Aigre.  En 1191, Thibaud meurt et Alix assure la régence pour son fils Louis Ier jusqu’à sa mort en 1197. Elle est inhumée dans la cathédrale de Meaux.

Sceau d'Alix de France, comtesse de Blois, Chartres et Châteaudun
Sceau d'Alix de France, comtesse de Blois, Chartres et Châteaudun

Les princesses Plantagenêt.
 

Les enfants de Henri et d’Aliénor sont soigneusement éduqués.

Leur grand-père, Geoffroy Plantagenêt incarne le chevalier lettré; Henri II est considéré comme le prince le plus éduqué de son temps. Aliénor, au contact de son père, reçoit une riche éducation. Tous leurs enfants ont donc droit à des Maîtres.

Les princesses sont formées dans l’optique de quitter la Cour familiale pour faire des mariages avec de prestigieuses Cours occidentales. Leur éducation est liée aux divers aspects de cette vie aristocratique ; naturellement, l’éducation religieuse reste centrale. Au moment de se marier, toutes savent vraisemblablement lire et écrire.
 

Mathilde, nait en 1156.

Elle a un an quand Henri II négocie avec l’empereur germanique Frédéric Barberousse, son mariage avec Henri, duc de Saxe et de Bavière. Les fiançailles sont conclues en 1165. 

A partir de 1172, Henri part en pèlerinage en Terre Sainte, et laisse Marie s’acquitter de ses tâches. Elle lance le chantier de la cathédrale de Brunswick. Lorsque Barberousse bannit Henri, le couple part se réfugier en Normandie, au château d’Argentan offert par Henri II.

L’exil dure trois ans. Durant cette période, Mathilde rend visite à sa mère, captive en Angleterre; elle œuvre pour le retour à l’apaisement et contribue à l’amélioration des conditions de captivité d’Aliénor. 

Mathilde meurt en 1189, en Saxe, peu avant son père.

 

Aliénor nait en 1161. Son enfance est marquée par la poésie, l’apprentissage de la langue d’Oc et le goût du style gothique. 

Les négociations pour son mariage débutent en 1168 ; le choix se porte sur l’héritier du trône de Castille, Alphonse, cherchant un soutien pour lutter contre le roi de Navarre. Le mariage célébré à Burgos en 1170 dote considérablement Aliénor.

A Burgos, elle découvre une Cour cosmopolite et un centre littéraire fréquenté par de nombreux troubadours. Alphonse est cultivé, raffiné et sa Cour entretien des liens étroits avec la France méridionale.

En 1180, le couple fonde le monastère de Las Huelgas, panthéon de la famille royale, et en 1183 Aliénor fait construire une chapelle dédiée à Saint Thomas Becket. La même année, la cathédrale Sainte-Marie et Saint Julien est bâtie dans le style gothique anglo-normand.

En 1200, sa fille Blanche épouse le futur Louis VIII, scellant une paix précaire entre Jean Sans Terre et Philippe Auguste.

Aliénor a une grande importance sur le plan politique, son mari précise dans son testament que s’il meurt prématurément, elle gouvernera aux côtés de leur fils ! Cette mort intervient en 1214. Extrêmement choquée, incapable d’assister aux funérailles, elle ne lui survit que de quelques semaines. Le couple repose à Las Huelgas.

 Monastère de Las Huelgas, Burgos, Espagne
Monastère de Las Huelgas, Burgos, Espagne

Jeanne nait en 1165, elle est éduquée par les moniales de Fontevraud.

En 1176, elle épouse Guillaume II, roi de Sicile. Mariage et couronnement ont lieu en 1177. Jeanne vit par la suite une série d’épreuves.

Son mari meurt en 1189, rendant sa position intenable, car sans enfants.

En escale en Sicile, sur le chemin de la Terre Sainte, Richard Cœur de Lion vient en aide à sa sœur. Jeanne revoit alors sa mère venue assurer les fiançailles du roi. Pour la protéger, Richard l’emmène en Croisade. A son retour, ayant des prétentions sur le comté de Toulouse, il la marie au comte Raimond IV. Union malheureuse.

En l’absence de Raimond, Jeanne assure le pouvoir; assiégeant elle-même le château d’un vassal, elle est contrainte de fuir, menacée et enceinte, ses propres troupes ayant déserté. Elle cherche la protection de Richard quand elle apprend sa mort, en 1199.
Réfugiée à la Cour de Rouen, Jeanne, malade et sur le point d’accoucher, obtient une dérogation et prend le voile des moniales de Fontevraud. Elle meurt en couches peu après, son enfant ne survit pas. Son corps repose parmi ceux des moniales.

 

Toutes ces princesses ont en commun d’avoir exercé un important mécénat littéraire, d’avoir protégé les arts et les artistes et d’avoir fait rayonner la culture.

Toutes impliquées dans l’exercice du pouvoir dans une certaine limite, elles ont reçu une éducation particulièrement soignée, conforme au modèle aristocratique d’époque.