Depuis la terrasse de la tour des Chiens… Le vignoble de Chinon s’étale à vos pieds

 

Le vignoble chinonais a acquis ses lettres de noblesse principalement au 20e siècle, avec la reconnaissance de l'AOC Chinon en 1937. Il s'étend de nos jours sur un peu plus de 2300 hectares, soit 23 km2 environ.
Selon l'emplacement de la vigne, le vin prend des notes différentes : c'est toute la valeur du terroir ! Au nord de Chinon, les terres jaunes et sableuses donnent des vins fruités. Le long de la Vienne, le terrain graveleux donne des vins légers, très aromatiques. On trouve aussi, par endroits, du calcaire. On l'appelle ici le « tuffeau jaune de Touraine ». Les coteaux situés sur ces sols argilo-calcaires donnent alors des vins plus charpentés.


Le Chinon rouge vient du cépage Cabernet franc que l’on appelle ici « Breton ». On le reconnaît facilement à sa robe couleur rubis et aux accents de violette que dégage son nez.
Au 16e siècle Rabelais rendait d'ailleurs hommage « à ce vin breton qui point ne croît en Bretagne, mais en ce bon pays de Véron et autres lieux du pays de Chinon ».
Car le vin de Chinon n'est pas né au 20e siècle. On retrouve des traces de l'existence de vignes à Chinon à l’époque carolingienne, dès les VIIIe et IXe siècles.
Pourtant au Moyen-Age le paysage viticole ne ressemble pas à ce que vous avez sous les yeux. Le vignoble était plus morcelé, réparti en de petites parcelles et le vin réservé avant tout à une production locale et personnelle. Sans doute les souverains de la Forteresse possédaient-ils quelques parcelles. Il fallait bien donner à boire à la cour ! Mais le vin au Moyen-Age n'était pas le produit de prestige qu'il est de nos jours.
Il faudra attendre le XVe siècle pour que les vins de Chinon commencent à s'exporter un peu, via la Vienne. Rien à voir avec l'ampleur actuelle : 5% du vin de Chinon part à l'export !

 

Avant de quitter ce magnifique point de vue, sachez que c'est depuis le plateau, face à cette tour que le roi de France, Philippe Auguste, a mené l'assaut, organisé un siège et réussi à prendre la Forteresse à Jean Sans Terre en 1205. Imaginez donc face à vous : perrières, mangonneaux et trébuchets : de gros engins de bois catapultant des pierres sur la forteresse.... ils ont fait tellement de dégâts, que lorsque Philippe Auguste est devenu le maître de la Forteresse, il a fait ériger de nouvelles tours pour mieux la défendre...cette tour des Chiens, sur laquelle nous nous trouvons, est l'une d'entre elles !